Réforme de la formation ou l’innovation pédagogique encouragée

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L’Assemblée nationale a définitivement adoptée le 1eraoût 2018 le projet de « loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Plusieurs dizaines de décrets sont attendus avant la fin de l’année qui préciseront les contours de l’application de cette loi. Mais d’ici là, interrogeons-nous sur le chapitre du digital learning et sur les nouvelles perspectives pour le numérique et les dispositifs innovants.

Les chiffres d’une mutation

D’abord, quelques chiffres : 79 % des décideurs ou responsables des ressources humaines européens désignent la formation comme le principal moyen à mettre en œuvre pour faire face aux évolutions technologiques[1] qui impactent nos sociétés et le monde du travail. Plus de 50 % d’entre eux estiment que l’offre de formation digitalisée de leur entreprise atteindra les 74 % d’ici 3 ans. Selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, 50 % des emplois seront transformés dans les 10 ans à venir, 10 à 20 % seront créés, autant disparaîtront peut-être. La récente loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel intervient dans ce contexte, marqué par desenvironnements professionnels changeant, évoluant rapidement et demandant à ses acteurs agilité et adaptabilité.

L’action devient processus

Selon le ministère du Travail, « le marché de l’emploi repart, les entrepreneurs doivent trouver des compétences. D’ici 10 ans, 1 métier sur 2 sera transformé. » Pour faire face à ces nouveaux enjeux, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel veut transformer l’action de formation en un processus pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel. La démarche de l’apprenant ne s’inscrit plus seulement dans la simple action de se former mais dans un processus élaboré, menant à un objectif final (compétences ou qualification). Cet objectif défini permet d’élaborer le processus de formation, jalonné d’actions diverses comme celles en présentiel, à distance, en situation de travail, individuelles ou en groupe, etc. Dès lors, les acquis ne sont plus mesurés en fonction des connaissances acquises mais au regard de l’atteinte de l’objectif visé.

Carte blanche donnée au digital

Selon Muriel Pénicaud, « la définition de l’action de formation sera revue, de façon à libérer l’innovation pédagogique », en encourageant notamment les formations innovantes : séminaires, tutorats, accompagnement entre pairs, voyages d’étude… mais aussi digital learning ! Citons par exemple les Moocs (Massive Online Open Course) et les Spocs (Small Private Online Courses), deux formats d’enseignement à distance ainsi encouragés. Le premier est ouvert à tous et se définit sur le principe du partage de la connaissance pour tous. Le second, plus pointu, est destiné à une audience restreinte et vise à former quelques salariés aux problématiques d’un enjeu professionnel très précis.

Mais ces plateformes présentent un inconvénient : seulement 15 % des apprenants vont au bout des Moocs, le taux d’abandon est important. En effet, pour que l’apprenant soit investi et apprenne, il faut qu’il soit actif et qu’il interagisse avec le formateur via l’outil digital. Car lorsqu’on regarde une vidéo de manière passive, le cerveau ne capte que 30 % des informations, le reste est oublié. Pour contrer cela, il existe des solutions innovantes comme celle développée par Vyfe. Cette startup propose notamment un logiciel d’ancrage mémoriel pour rendre les formations plus efficientes.

Notons également que faciliter l’accessibilité aux ressources, en libre-service et en ligne est un enjeu majeur, confirmé par une récente étude[2] : 55 % des décideurs en ressources humaines considèrent que la facilité d’accès aux contenus de la formation est un facteur important pour inciter l’apprenant à suivre une formation et favoriser son engagement. On comprend tout l’intérêt que peut présenter par exemple une plateforme e-learning fonctionnant comme une véritable bibliothèque vidéo des formations à partager au sein d’une entreprise. Le transfert des connaissances est facilité et leur consultation par tous les collaborateurs est possible à distance.

Le e-learning donne aussi une autre dimension à la notion d’accompagnement nécessaire à l’apprenant. Avec le video learning (ou formation en vidéo), il est possible à l’aide d’un logiciel elearning de filmer et d’annoter une formation en présentiel. Les apprenants peuvent interagir en direct et mettre leurs commentaires depuis leur smartphone. Le feedback vidéo permet alors de débriefer et d’animer une formation de manière efficace, dynamique voire ludique. Plus impliqués, les participants apprennent mieux et mémorisent plus.
Ces possibilités offertes par le e-learning en général et par le video learning en particulier, s’inscrivent dans la volonté de rendre la formation professionnelle accessible à chaque actif, de façon autonome, simple et opérationnelle.

Enfin, le e-learning trouve sa place dans un nouveau format d’apprentissage : le blended learning, qui mixe présentiel et différents formats du e-learning (toutes solutions permettant l’apprentissage à l’aide d’outils électroniques : internet et vidéo sur ordinateur, tablette, smartphone…). L’apprenant peut varier à sa convenance les modes d’apprentissage pour planifier son processus de formation en toute flexibilité, autre avantage non négligeable du digital learning !

En conclusion, Moocs, e-learning et autre digital learning sont les grands gagnants de cette réforme de la formation puisque reconnus aujourd’hui comme des acteurs sérieux du secteur et ce, pour de multiples raisons. Parmi elles, le format vidéo qui permet aux apprenants de bénéficier de sessions d’apprentissage courtes et fréquentes plutôt que des séances longues et plus ponctuelles. L’apprentissage est optimisé, rendu efficient pour l’apprenant. Notons aussi la popularité grandissante du video learning : 56 % des visiteurs de YouTube vont sur cette plateforme pour apprendre quelque chose[3]… De plus, les supports de la formation digitale sont pérennes. Leur actualisation et leur modification sont rendues possibles en continu grâce à internet. Et consultables par l’apprenant, où et quand il souhaite.

Les solutions elearning sur le marché sont nombreuses. Celles qui sauront tirer leur épingle du jeu devront miser sur l’innovation et répondre aux nouveaux enjeux définis par la réforme de la formation mise en place. À l’instar de Vyfe par exemple, qui offre une solution innovante visant à développer les mécanismes de mémorisation à long terme et à engager les apprenants dans leur formation grâce au feedback vidéo. Utiliser la vidéo et le débriefing vidéo dans la formation professionnelle et l’apprentissage permet d’améliorer les savoir-faire, les savoir-être et débriefer des postures, comportements, techniques métiers… dans l’objectif final d’accroître la compétence. Car la compétence est nécessaire à tous pour choisir librement son avenir professionnel. Et nécessaire aussi aux entreprises pour rester compétitives. Gageons que celles-ci anticiperont les changements et miseront sur l’innovation dans leur formation !

 

[1]« Transformations, compétences & elearning », Baromètre international Cegos, 2018

[2]Transformations, compétences & elearning », Baromètre international Cegos, 2018

[3]2and2/Google, Etude « The Values of YouTube », octobre 2017

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