Les piliers de l’apprentissage

Les_piliers_de_l_apprentissage

Parlons aujourd’hui d’apprentissage.

Généralement, on décide de suivre une formation soit dans le but d’améliorer des compétences déjà existantes, soit pour en apprendre de nouvelles. Mais comment apprenons-nous ? Quel est le processus de l’apprentissage ?

Revenons tout d’abord sur l’objectif de l’apprentissage qui est d’acquérir une compétence d’adaptation, c’est-à-dire « la capacité à appliquer des connaissances et des compétences acquises de manière signifiante avec souplesse et créativité en fonction des situations rencontrées »*.

Pour remplir cet objectif, plusieurs méthodes pédagogiques existent :

  • L’apprentissage guidé : au cours de cet apprentissage, les enseignants « prennent les principales décisions concernant les objectifs d’apprentissage, les stratégies d’apprentissage, les méthodes d’évaluation des résultats, et fournissent le feedback, les jugements et les récompenses. »
  • L’apprentissage actif : ici, « les apprenants jouent un rôle bien plus actif dans la définition des objectifs de l’apprentissage que dans l’apprentissage guidé ; il existe une part importante d’autonomie de l’apprenant en termes d’organisation et de planification. »
  • L’apprentissage par l’expérience : « il n’est pas contrôlé par les enseignants et n’a pas d’objectifs prédéterminés. Ce qui est appris est déterminé par le contexte, les motivations des apprenants, les autres personnes avec lesquelles ils sont en contact, les découvertes, etc. L’apprentissage est le résultat indirect des activités dans lesquelles les personnes sont impliquées. »*

Mais alors, quels sont les piliers de l’apprentissage ? Le neuroscientifique Stanislas Dehaene nous éclaire :

  1. L’attention
    L’attention est le « mécanisme de filtrage qui nous permet de sélectionner une information et d’en moduler le traitement. »** L’attention nous permet de retenir une information. Elle se compose de trois sous-systèmes : l’alerte, l’orientation et le contrôle exécutif.
    Premièrement, il faut que les apprenants soient alertes, c’est-à-dire qu’ils ne fassent pas deux choses en même temps par exemple, il est nécessaire qu’ils soient concentrés.
    Deuxièmement, il faut bien orienter l’attention des apprenants sur les éléments importants. Autrement dit, l’attention doit être dirigée ! A éviter : fournir des tonnes et des tonnes d’informations, au point de ne plus savoir où donner de la tête et donc, perdre l’attention de l’apprenant.
    Enfin, le contrôle exécutif renvoie à éliminer les comportements qui déconcentreraient l’apprenant (parler à quelqu’un d’autre par exemple).
  2. L’engagement actif
    Pour apprendre, il faut être actif sinon le processus ne se fait pas. Plusieurs moyens existent pour rendre l’apprentissage plus actif : poser des questions, tester les connaissances des apprenants ou encore « rendre les conditions d’apprentissage plus difficiles (raisonnablement), ce qui va paradoxalement aboutir à un surcroît d’engagement et un effort cognitif, synonymes de meilleure attention. »**
  3. Le retour d’information
    « Le cerveau fonctionne ainsi par itérations, avec des cycles qu’on peut décomposer en quatre étapes successives : prédiction, feedback, correction, nouvelle prédiction.« ** Appliqué à la pédagogie, cela signifie que l’erreur fait partie du processus d’apprentissage. Il ne faut donc pas sanctionner l’erreur mais encourager les apprenants à dépasser celles qu’ils auraient commises.
  4. La consolidation
    La consolidation d’un acquis est une autre étape importante. Elle passe notamment par l’automatisation. Par exemple, quand on apprend à jouer d’un instrument, à faire du vélo…, c’est compliqué au début, il faut penser à tout. Au fur et à mesure de l’apprentissage, des automatismes se créent. « En effet, progressivement, en se transférant vers des réseaux non conscients, plus rapides, plus efficaces, le cerveau parvient à une automatisation. »**  Et cette automatisation permet de libérer de l’espace et par conséquent, d’apprendre des choses de plus en plus complexes.
  5. Le sommeil
    Ne l’oublions pas, le sommeil est capital pour l’apprentissage. En effet, le cerveau travaille pendant le sommeil, il trie et traite l’information. Il faut organiser l’apprentissage en plusieurs sessions, ce qui laisse le temps au cerveau de travailler.

On espère que cet article vous aura aidé à comprendre le processus de l’apprentissage et comment l’améliorer chez vos apprenants. A bientôt 👋🏼

Sources :
* « Comment apprend-on ? La recherche au service de la pratique » de Hanna Dumont, David Istance et Francisco Benavides, (publications OCDE, 2010).
** « Les quatre piliers de l’apprentissage » de Stanislas Dehaene (ParisTech Review, 2013).

Commentaires (1)

Palacin Isabelle

Jan 12, 2019 at 11:39

Je vais essayer de prendre note ou conseil pour réussir ma formation je ne suis qu’au début de la formation d’auxiliaire vétérinaire et je crois que j’ai un bouquin entier pour commencer un devoir et je ne suis pas au bout de mes peines vraiment peur de ne pas y arriver !!!!

Répondre

Laisser un commentaire

un + 6 =